"Autodidacte, taillée dans un élan vital, urgent,
Maud met une infinie délicatesse à mettre des baffes.
Longtemps, elle a torturé des sacs postaux pour en faire la toile de ses peintures
ou la matière de ses poupées-sculptures.
Les sacs sont devenus dans ses mains la matière d’un travail inspiré,
aussi noir que tendrement trash.
Des fillettes en jupettes croisent ou étranglent chats et lapins sur les toiles.
A les voir on dirait que Madame de Ségur s’est mise au thriller.
Les poupées oscillent entre vaudou et doudou et les boîtes renferment des autels païens.
C’est un monde de douceur caressé à la tronçonneuse.
Depuis 2007, la photographie s’immisce dans son univers.
Visages et silhouettes ramènent leur histoire,
Maud rabote les époques et mixe les techniques pour ciseler des portraits ubuesques.
Les photos anciennes sont d’abord devenues son terrain de jeu.
Les silhouettes en noir et blanc ont commencé par devenir des personnages à tête de sac,
ancêtres déjantés des fillettes.
Les photos ont ensuite pris un nouveau coup d’inspiration
lorsque Maud leur a choisi des visages humains.
Rien de classique pour autant, la subversion a de l’avenir entre ces mains-là : l
es têtes surdimensionnées et expressives mettent une bonne claque à la rigidité des poses de l’époque.
Ces collages deviennent de drôles de portraits de famille aux têtes en volume,
mis en valeur par de beaux cadres anciens.
Dernière salve poétique, les portraits sortent aujourd’hui de leur cadre
pour devenir de petits théâtres où des têtes actuelles prennent du relief dans des décors surannés.
Ces miniatures ravigotent le diorama en décapant son côté désuet
et font -justement- de la dentelle autour des trognes. . " ![]()
2011
"Self-taught, driven by a sense of urgency and vitality,
Maud has been torturing mailbags for years
– transforming them into the very canvases of her paintings, the very raw materials of her dolls.
In her hands, the bags have become the source of a compelling body of work, dark and tender.
In her canvases, little girls in skirts strangle kitty-cats and rabbits.
The viewer is plunged into an ominous, strangely romantic realm –
as if Madame de Ségur were to pen a thriller.
Maud’s figurines strike us as a crossbreed between voodoo dolls and fluffy toys.
Her boxes conceal intricate pagan shrines.
Hers is a world of gentleness, caressed by a chainsaw.
Since 2007, antique cabinet cards have become her new playground.
At first, the original black and white subjects became canvas-bag-head characters:
the demented ancestors of those little girls.
Today, the pictures have been injected with new inspiration,
as Maud has chosen to return to human faces.
Anything but classical, the works are deliciously subversive:
these expressive, oversized heads strike a solid blow to the rigid poses of the period.
Some creatures will prompt a smile;
other images might even make you laugh if you put your own face in them instead.
In the middle of this unforeseen lightness
are a number of tableaux developed around Maud’s own image
– that contribute to her continual construction of an intriguing mythology:
the mythology of the little girl."![]()
2010